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La Cathédrale de Strasbourg et son rayon lumineux

 


LES ORIGINES

 

C'est sur les ruines des temples celtiques, recouvertes de celles du prétoire romain et de son sanctuaire militaire, que vers 550, l'évêque Saint Arbogast restaura le vieux temple et en fit une église consacrée à la vierge.

Cette église subsista jusqu'au VIIIe siècle où elle fut supplantée par une bâtisse plus importante.

 

Dans son testament de 778, l'évêque Rémi de Strasbourg exprime le voeu d'être enseveli dans la crypte qu'il avait fait construire.

Les fouilles pratiquées au chevet de l'édifice actuel ont mis en évidence les grands traits de la cathédrale carolingienne qui apparaît avec trois nefs et trois absides.

 

Deux incendies successifs, en 1002 et 1007, détruisirent totalement cette église qui fut remplacée par une quatrième dont la construction, débutée en 1015, s'acheva en 1023.

En 1176, un nouvel incendie conduisit à une nouvelle construction qui ne commença qu'en 1190.

C'est cette dernière qui est la base de la cathédrale actuelle.

 

Les souches de l'abside et de la crypte, qui fut agrandie au XIIe siècle, ont été conservées de la basilique précédente.

 

Construite en plusieurs étapes, de 1190 à 1439, par de nombreux maîtres d'oeuvre, plusieurs projets ambitieux ne virent jamais le jour ou, débutés, furent abandonnés, repris et transformés par les maîtres successifs.

L'aspect actuel de dissymétrie des tours est dû à l'écroulement d'une tour plus petite du pylône sud, qui ne fut jamais reconstruite.

 

Quelques rénovations eurent lieu par la suite, notamment en 1654, quand la flèche actuelle fut atteinte par la foudre.

 

Il faut souligner l'oeuvre très importante de Johan Knawt qui, au début du siècle, des fissures ayant été constatées dans l'un des piliers maîtres de la tour Nord, entreprit la consolidation des fondations de cette tour.

 

C'est probablement grâce à lui que la cathédrale est encore debout aujourd'hui.

LE RAYON LUMINEUX

 

Deux fois par an, le jour de l'équinoxe de printemps et celui de l'équinoxe d'automne, une tache de lumière verte vient éclairer, pendant vingt minutes environ, le calvaire sculpté sur le fronton de la chaire.

 

Ce curieux phénomène lumineux n'est pas l'unique de l'histoire des cathédrales et il est manifestement ordonné.

 

En automne, le faisceau vert se manifest très exactement à 12h23 et au printemps, à 11h37 en raison d'une part, du changement de l'heure légale et, d'autre part, du décalage entre le jour moyen et le jour solaire.

 

Durant cette vingtaine de minutes, la tâche de lumière décrit la barre horizontale de la croix du calvaire, de la gauche vers la droite, c'est-à-dire de l'ouest vers l'est.

 

Ce phénomène met donc en évidence les qualités du cycle solaire dans la cathédrale, c'est-à-dire le mouvement du temps dans l'espace sacré.

En effet, si le soleil parcourt la voûte de l'est vers l'ouest, le rayon de lumière, lui, va en sens contraire, c'est-à-dire du couchant vers le levant, en remontant le temps vers les origines.

Comme nous l'avons exposé précédemment, la couleur verte est associé à l'est, c'est-à-dire à l'abside de la cathédrale. Les origines physiques de cette tâche de lumière sont, à priori, relativement simples, mais dénotent une volonté délibérée de transmettre un message.

 

C'est en étant filtrée à travers un verre spécialement traité, situé dans le vitrail du Juda de l'Ancien Testament, côté sud du transept, que la lumière solaire est focalisée.

Pour éloigner toute équivoque, il faut préciser que seule cette partie du vitrail possède les qualités optiques requises pour provoquer la focalisation de la lumière dans cette direction.

Ce morceau de verre, est précisément celui qui constitue l'un des pieds de Judas dans le vitrail.

LA SYMBOLIQUE DU RAYON LUMINEUX

 

Couleur spécifique de notre planète, le vert apparaît au profane comme la dominante du règne végétal. Dans les sept couleurs de l'arc en ciel, le vert occupe la position médiane entre le rouge et le violet. C'est pour cette raison qu'on lui attribue des vertus équilibrantes: seule couleur « tiède », intermédiaire entre le rouge, associé à la matière, et le violet, à l'esprit.

 

On retrouve très souvent le vert dans les armoiries des évêques, ainsi que dans la couleur de leur chapeau symbolisant leur fonction de lien ou d'intermédiaire entre Dieu et les hommes.

 

Ces quelques lignes, inspirées de l'Apocalypse de Saint-Jean, illustrent les qualités spirituelles de la couleur verte. La coupe d'Emeraude est en effet le Graal, dont le mythe dit qu'il fut taillé dans la pierre tombée du Front de Lucifer au moment de sa chute.

L'Emeraude, la pierre verte, est donc liée au Sacrifice du Christ et il ne faut pas s'étonner de retrouver des peintures romanes où la croix est colorée en vert.

 

Mais c'est surtout dans l'alchimie qu'il faut encore découvrir la profonde signification du faisceau lumineux de couleur verte. L'Emeraude, qui est aussi la Pierre Philosophale, donne sa couleur au sang du Lion Vert qui est l'or spirituel. Pour les alchimistes, il existe un Feu Secret qui ne rayonne pas de chaleur mais aussi une lumière verte qui illumine tout ce qui vit.

 

Cette filiation alchimique de la lumière verte de Strasbourg est d'autant plus probable que certaines traditions mentionnent l'existence d'un parcours initiatique dans la cathédrale.

 

Enfin, il faut remarquer l'existence, dans la tradition, du faisceau lumineux qui, le matin du jour de l'équinoxe de printemps, jaillit du soleil comme un premier rayon pour revitaliser la Terre.

 

 

La Cathédrale de Strasbourg en 3D


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