Le 21 juin est la fête de l'été. Préparons-nous à ressentir l'énergie de ce moment unique où le jour est le plus long de l'année, où la vie explose, où la végétation connaît le summum de son épanouissement.
Le solstice d'été célèbre le soleil, et le soleil c'est le feu, symbole d'une grande richesse mais aussi d'une certaine ambivalence.
Comme le soleil par ses rayons, le feu représente par ses flammes qui montent,
embrasent et crépitent, l'action fécondante, purificatrice et illuminatrice.
Le feu, comme le soleil, éclaire mais aussi brûle, dévore et détruit.
Les brasiers de la Saint-Jean prolongent la lithurgie du feu nouveau et l'antique baptême du feu. Alors que les feux intimistes de Noël sont des feux de braise, ceux de la Saint-Jean sont des feux vifs, à flammes hautes, alimentés surtout par de la paille et des branchages, autour desquels sont accomplis rondes, farandoles, gambades et sauts, accompagnés de chants, de musique et de folle gaieté.
LA SAINT-JEAN D'ETE
La fête du solstice d'été, célébrée avec les feux de la Saint-Jean, marque l'apogée de la lumière solaire dans l'année et accompagnent l'éclatant épanouissement de la végétation.
C'est aussi par ce feu que s'effectue le Grand Oeuvre Initiatique par lequel l'homme
transforme sa nature pour se rapprocher de Dieu.
A quand remonte la tradition des feux de la Saint-Jean ?
Fêtes païennes à l'origine, on en trouve la trace dans la Rome antique, avec la fête pastorale des Parilia (en l'honneur de Pales, déesse des bergers et des pâturages), célébrée le 21 avril, dont le point culminant était un saut au-dessus d'un feu de paille purificateur.
Une ancienne coutume pratiquée par les Celtes, le jour de Beltaine, consistait à faire passer les troupeaux de bêtes au travers d'une fumée pour les protéger et les purifier.
On connaît également la pratique d'un ancien rite druidique, avec l'embrasement d'une roue de charrette, promenée à travers la campagne afin de fertiliser la terre.
La Franc-Maçonnerie s'intéresse particulièrement à la Saint-Jean, puisque les deux
fêtes marquantes du calendrier maçonnique correspondent aux solstices, avec la Saint-Jean d'été et la Saint-Jean d'hiver.
Qui était Saint-Jean Baptiste ?
Jean Baptiste, fils de Zacharie, est né six mois avant Jésus.
C'est un pêcheur, dont la voix puissante ébranle la Judée.
Maître entouré de disciples, il prépare le peuple à la venue du Messie. La foule se
demande s'il ne serait pas lui-même le Messie. Le Baptiste répond qu'il n'est pas digne de dénouer les sandales de celui qu'il précède et " qui était avant lui".
Il deviendra disciple de Jésus, et lui donnera le baptême.
Le prologue du quatrième Evangile situe Jean par rapport au Verbe : "Jean n'était pas la lumière, mais le témoin de la lumière".
"Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était dieu (...)
Il y eut un homme envoyé de Dieu, dont le nom était Jean.
"Il est venu comme témoin pour rendre hommage à la lumière, afin que tous crussent par lui."
Ainsi Jean s'apparente au Verbe, qui préexiste à la création.
Les Francs-Maçons se réfèrent à l'Evangile de Saint-Jean parce qu'il représente une quête de la lumière à venir. Il n'est donc pas étonnant que Jean-Baptiste, par sa naissance au moment du solstice d'été et par son action sur terre soit symboliquement lié à la lumière et au soleil. A l'opposé correspond la Saint-Jean d'hiver, avec la naissance de Jésus et avec Saint-Jean l'Evangéliste.
Certains ouvrages maçonniques indiquent également que les fêtes de la Saint-Jean d'été et d'hiver pourraient trouver leur origine dans le dieu Janus.
Dieu romain des commencements, des portes et des passages, il est représenté avec deux têtes tournées en sens contraire. Considéré comme un dieu pacifique, Janus, le dieu aux deux visages, préside à tout ce qui est à double tranchant sur terre.
Il observe en même temps l'Orient et l'Occident. On rejoint ici le symbolisme gréco-latin des portes solsticiales représentées par les deux faces de Janus.
C'est la port hivernale qui conduit à la phase lumineuse du cycle et la porte estivale à sa phase d'obscurcissement.
Et là, on retrouve encore l'image de la roue, symbolisant le cycle de la vie, avec ses recommencements et ses renouvellements, qu'illustre magnifiquement la formule évangélique de Jean à propos de Jésus (3,30): "Il faut que lui grandisse et que, moi, je décroisse".