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   Juin 10

L’homme contaminé par la machine ? L’homme-mécanique agit sans vraie relation avec son environnement, obsédé par l’efficacité...

 








L'horloge astronomique


Elle fut construite en 1571 par Conrad Dasypodius et décorée par Toby Stimmer. Son mécanisme a été entièrement refait entre 1838 et 1842 par Jean-Baptiste Schwilgué. Jeune autodidacte, Jean-Baptiste Schwilgué était serrurier de métier. Mais son enthousiasme s'exerçait principalement sur les mathématiques et l'astronomie. La première horloge ayant rendu l'âme depuis longtemps déjà, il résout de la faire revivre et proposa donc ses plans à la municipalité. Entièrement en cuivre, le mécanisme occupe les trois étages du monument.


Au rez-de-chaussée de l'édifice, se trouve le premier cercle, au centre duquel nous découvrons une mappemonde représentant la terre, centrée sur le méridien de Greenwich (Londres), base de tous calculs de l'horloge. Autour de la mappemonde gravitent le soleil et la lune. Deux aiguilles indiquent les heures de lever et de coucher du soleil. Sur la couronne, défilent les jours du calendrier perpétuel, tandis qu'Apollon, dieu du soleil, indique de son doigt le jour courant pendant que Diane, sa soeur, déesse de la lune, le regarde. De part et d'autre de ce premier cercle, nous trouvons: à gauche, le comput éclésiastique qui indique par de savants rouages les dates mobiles de l'année liées à la fête de Pâques, qui suit la première pleine lune du printemps; à droite, les équations soli-lunaires calculent les rapports et concordances entre les parcours célestes du soleil et de la lune. Au-dessus de ce premier cadran apparaissent des chars, dirigés par les dieux tutélaires des jours de la semaine et tirés par leurs animaux symboliques. D'origine romaine, ils donnent leurs noms aux jours de la semaine. Lundi (de Luna, lune et dies, jour) jour de la lune (Artemis), le cerf; mardi, jour de Mars, les chevaux noirs; mercredi, jour de Mercure; jeudi, jour de Jupiter, l'aigle; vendredi, jour de Vénus, les oies; samedi, jour de Saturne, le griffon; dimanche, jour du Seigneur, Apollon, les chevaux blancs. Au-dessus, encadré par deux angelots tenant, l'un, un sablier qu'il renverse à chaque heure, l'autre, des clochettes qui sonnent le premier coup du quart d'heure, un cadran marque l'heure solaire de ses aiguilles d'or et l'heure civile officielle de ses aiguilles d'argent. L'horloge, calculée selon le méridien de Strasbourg, est en avance de trente minutes sur l'heure officielle du méridien de Greenwich (Strasbourg étant à mille kilomètres plus à l'est, le soleil s'y lève une demi-heure plus tôt qu'à Londres ou à Paris).


Dominant les angelots, un deuxième grand cercle apparaît au centre de l'horloge. C'est la voûte céleste. Axe central, le soleil voit passer autour de lui toutes les planètes dans leur ronde innuable. Sur la couronne dorée, le zodiaque indique le signe astrologique du mois. Mais la lune n'est pas oubliée. Si elle apparaît dans la ronde des planètes autour du soleil, on la retrouve aussi plus haut dans le ciel étoilé où, inlassablement, elle tourne sur elle-même pour nous offrir alternativement sa face noire ou sa face or.

Au sommet de l'édifice, dans un balcon à deux niveaux, se déplacent des personnages animés:


Le premier niveau est dominé par la mort qui rythme les heures en frappant de son fémur deux cloches en forme de tambour. Devant elle, tous les quarts d'heure, passe un automate. Au quart, un jeune enfant en toge blanche, qui joue à la balle, représente la jeunesse. A la demie, un adolescent s'avance, un arc à la main, précédant le soldat romain, symbole de l'âge mur, tandis que le vieillard, encapuchonné dans un vaste manteau, ferme la marche aux premiers coups de l'heure suivante. Incarnant le cycle quaternaire de la terre, ces personnages représentent aussi bien les quatre saisons que les quatre âges de la vie.


Au niveau supérieur, le Christ en gloire bénit les apôtres qui passent devant lui en le saluant. Au passage des quatrième, huitième et douzième apôtres, le coq, au sommet à gauche de l'horloge, bat des ailes et lance un cri perçant. Saint Pierre, le douzième apôtre, passe lorsqu'il a chanté pour la troisième fois. Le Christ bénit encore une fois la foule, avant de se replonger dans son immobilité jusqu'à douze heures trente le lendemain.

ACTU : juillet 2010 Les prochains rendez-vous...
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