>> L'Alsace >> A la vôtre

   Juin 10

L’homme contaminé par la machine ? L’homme-mécanique agit sans vraie relation avec son environnement, obsédé par l’efficacité...

 

"Un verre de vin entraîne le coeur à la fête.
Une bonne bière bien fraîche en été étanvhe une grande soif
Un petit schnaps en hiver réchauffe le corps."


Pays du vin et de la bière à la fois, étrangement, l'Alsace sait faire bon ménage de ces boissons contradictoires.

 

Le vin


Sèche et noueuse, apparemment morte en hiver, s'étirant et proloférant dans une magique luxuriance au printemps, pour offrir à l'automne ses grappes prometteuses, la vigne a jeté son dévolu, depuis l'époque romaine, sur les côteaux calcaires des Vosges, sur une bande de dix kilomètres de large, du Nord au Sud.


Ce sont des vignes à taille dite haute où le vigneron reste debout pour tailler. Cela afin d'éviter en automne la forte rosée matinale qui se dépose près du sol et favoriser l'ensoleillement. Il existe encore de nombreux "vignerons travailleurs" qui cultivent avec amour un petit carré de vigne, tout en ayant un travail à plein temps pour faire boullir la marmite.


Les vins du Nord de l'Alsace, moins gâtés par le soleil et la générosité de la terre, ont peu de caractère: ils désaltèrent et aident à la cuisine. La qualité progresse quand on descend vers le Sud. Dans le Bas-Rhin, vous retiendrez , si vous m'en croyez, le Riesling d'Andlau et le Gewurztraminer de Dambach la Ville. Dans le Haut-Rhin, toute la zone proche près de Colmar produit des vins de grande qualité qui, comme le Gewurztraminer "vendanges tardives" et le Käferkopf d'Eguisheim, procurent une ivresse grisante et inspiratrice.

"J'ai vu quelques cinq marches d'escalier à l'arrivée se produire par dix à la sortie."


Plus individualistes et conservateurs que les buveurs de bière, les buveurs de vin, boisson liée à l'esprit latin, fréquentent le Winstub où ils confraternisent traditionnellement le dimanche matin. Les Winstub, gérés à l'origine par des vignerons qui vendaient ainsi leur propre production en ville, sont devenus des leiux de relations sociales où l'on recueillait les nouvelles du quartier. Aujourd'hui, la Winstub s'est souvent transformé en restaurant.


Ne confondez pas les vins du Rhin produits en Allemagne avec ceux produits en Alsace. Les premiers, issus des mêmes cépages, vinifiés plus doux, ont bien moins de caractère et de personnalité. Il n'y a que les paysages du vignoble et ses maisons aux colombages richement sculptés pour rivaliser en subtilité avec les arômes du Gewurztraminer et le véritable talent d'artiste de ses vignerons, qui sont eux-mêmes leurs meilleurs clients. Même si certains apprècient parfois un bon demi de bière bien fraîche !


Les septs sépages alsaciens


Sylvaner:
                            frais et leger
Riesling:                               plus sec
Muscat d'Alsace:                  capiteux sans être doux
Pinot gris:                           du caractère, le plus prisé aujourd'hui
Pinot blanc:                         au caractère franc
Pinot noir:                           ressemble à du rosé, mais affiné en cave vers Ottrott ou dans le Haut-Rhin
Gewurztraminer:                 vin de dessert tendre et parfumé
Edelzwicker:                        ou mélange noble. Equivalent en blanc du Passetougrain bourguignon

 

La bière


L'autre plante, tarabiscotée, qui, chaque année, s'entortille autour de larges fils, c'est le houblon. Bien que sa production locale soit en régression, la bière coule toujours à flot.


Connue en Alsace dès le milieu du XIIIe siècle, sa production se généralise au milieu du XVe siècle, à la suite de deux très mauvaises années viticoles. Les moines furent les premiers à brasser. Les brasseries ont ensuite pris le relais et la commercialisent dans les Bierstub. Depuis les anées 50, de grands établissements se sont créés, au détriment d'une certaine qualité. Elle est brassée près des villes où les sources, qui produisent une eau de qualité, sont fraîches et faciles à capter. A Cronemborug-ville, trois brasseries se partagent 75% de la surface de la ville.


Les travailleurs de force l'apprécient sur le chantier où elle étanche la soif et distrait à la pause. Selon les goûts, elle accompagne de nombreux plats alsaciens aussi bien que le vin blanc.


Dans les Bierstub, à l'ambiance plus germanique, on se rassemblait autour du Stammtisch (grande table autour de laquelle se réunissent les habitués), en écoutant les nouvelles. Le milieu était plutôt progressiste et les artistes en préféraient l'ambiance "bon enfant" en dépit du fait qu'au début on se partageait l'unique bock. Aujourd'hui elle a évolué et ressemble au Winstub, l'auberge classique.


Si le vin est plus bourgeois et la bière plus populaire, tous se retrouvent pour la boire aux fêtes de la bière et aux braderies, même si ces manifestations ne connaissent pas l'ampleur des fêtes de la bière bavaroises.


Vin ou bière ? Il y a des inconditionnels de l'un et de l'autre. Mais en été quel régal que cette bière "cuivrée" du Pêcheur !

 

Le Schnaps

 

En Alsace, nous faisons feu de tout bois.... et alcool de tout fruit !

Cérises, mirabelles, quetsches, poires William, restes de pressoir, nous distillons des eaux de vie blanches de grande qualité.Si en Allemagne, le Schnaps est synonyme d'alcool quelconque, en Alsace, c'est l'eau de vie, surtout, disons-le de "brûler" (distiller) leur quota sans taxe. Leurs eaux de vie sont souvent aussi fortes que parfumées.


Le Schnaps est préféré des travailleurs de force qui y puisent courage et résistance et, même si les avis médicaux sont contraires, c'est toujours vrai sur le plan affectif.


On dit que c'est à Maisongoutte (qui tient de là son nom), dans le Val de Villé, que des moines ont eu l'idée de remplacer les plantes médicaux par des fruits macérés et ont ainsi découvert cette subtile boisson que l'on raffine deux fois aujourd'hui.

Le Schnaps était traditionnellement consommé davantage en montagne, car on n'y produisait ni vin ni bière et nos voisins lorrains, fameux producteurs de mirabelles, sont aussi pratiquants que nous.


Jusqu'à il y a une dizaine d'années, on rencontrait beaucoup de travailleurs qui en buvaient le matin pour relever le café, mais cet usage s'est perdu devant la nécessité de conduire et la lutte généralisée contre l'alcoolisme. Il est vrai que l'Alsace était le deuxième département touché.


Il y en a pour tous les goûts et le jour n'est pas arrivé où quelqu'un mourra de soif en Alsace.

ACTU : juillet 2010 Les prochains rendez-vous...
  • Prague, ville magique
    Du sam 23/10
    au mer 27/10

    Escapade culturelle