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   Juin 10

L’homme contaminé par la machine ? L’homme-mécanique agit sans vraie relation avec son environnement, obsédé par l’efficacité...

 

NOËL, FÊTE DE LA LUMIERE ET DE L'ESPERANCE.


Noël est la fête de la naissance de la lumière.
Dans plusieurs traditions religieuses ou spirituelles, on fait naître un "sauveur" le soir de Noël ou du solstice: on dit que Mithra et Krishna sont nés ce soir-là, comme le Christ de notre tradition. On les fait naître au solstice d’hiver, au cœur de la nuit la plus longue de l'année, c’est-à-dire au moment où l’on touche le fond de la nuit, au bout de l’année, là où tout semble mort. L'arrivée de la lumière est la promesse de salut. Et, c'est à ce moment que les journées commencent à s’allonger peu à peu; comme si la lumière apportée devait triompher petit à petit jusqu’à ce qu’elle atteigne l’autre pôle de l’année, le solstice d'été, la fête de la Saint-Jean.
Le moment du solstice est un moment qui nous permet de prendre conscience de la présence de l’esprit dans la matière,comme un éclair de lumière dans l’obscurité, une grande espérance.  

Historique de la fête de Noël
Les premiers chrétiens ignoraient la date précise de la naissance de Jésus. Le christianisme primitif oriental la fêtera en même temps que l’épiphanie et que le baptême dans le Jourdain, le 6 janvier. Ainsi fêtait-on conformément aux coutumes juives, la théophanie du Messie considérée comme sa véritable naissance (spirituelle).
Il n’était pas dans les mœurs des chrétiens primitifs de fêter une naissance physique. Mais le 6 janvier il y
  avait des fêtes avec un grand faste de cérémonies entre Bethléem et Jérusalem, au cours de la nuit et de la journée du 6 janvier.
En Occident, cette tradition va perdurer jusqu’au 4
ème siècle. La chrétienté est alors secoué par nombre d’hérésies, dont ce qu’on appelle l’arianisme, qui nie la divinité de Jésus. C’est à Rome, sous Jules 1er  ( 337-352) , que la nouvelle fête de Noël, célébrant la nativité physique du Christ, et que Jésus est à la fois homme et Dieu, va être fixée au 25 décembre, date à la quelle les païens célébraient la fête romaine du SOL INVICTUS (soleil invaincu) fête du solstice d’hiver.
C’est ainsi que l’Eglise substitua au culte solaire et à la fête païenne de la lumière, la naissance du Christ, « soleil de justice » comme le nomme Mathieu ou « lumière du monde » comme le nomme Jean.

La christianisation des rites païens fut d’ailleurs chose fréquente et recommandée par l’Eglise.
Mais ce n’est pas sans mal que l’Eglise latine réussit à introduire la fête du 25 décembre auprès des églises orientales très attachées au
  6 janvier.
C’est aussi à cette époque (le 4
ème siècle) qu’apparurent les premières crèches représentant la Sainte Famille dans une grotte ou une étable surmontée par l’étoile, les bergers adorant l’enfant que signalent des anges célestes et que réchauffe le bœuf et l’âne.

Autre symbole caractéristique de Noël, l’arbre. Selon la coutume des mystères médiévaux, un arbre sur le parvis des cathédrales symbolisait la chute le soir du 24 décembre, chute d’Adam et d’Eve qui avait mangé la pomme de la connaissance, avant que la fête du lendemain ne répare cette déchéance.
L’arbre de la tentation devient l’arbre de Vie, au départ décoré de pommes puis de bougies, puis de guirlandes et de boules.
Ce sont les régions du Rhin qui instituèrent la tradition du sapin, comme symbole de la Vie éternelle, puisque l’arbre demeure toujours vert.

Origine du mot "NOËL"
"Noël"
signifie "nouveau". Il vient de "Nouel", au temps où le u et le v se ressemblaient. "Nouel, novel, nouvel, nouveau, nouvelle." C'est l'appel à la Nouveauté, à quelque chose de neuf.

La symbolique du solstice d’hiver : que se passe-t-il dans la nature ?
Le cycle du temps a quatre portes : les deux solstices et les deux équinoxes. Les équinoxes (jour égal à la nuit) marquent des changements de polarité dans le temps : d’une énergie émettrice à une énergie réceptrice pour l’équinoxe d’automne (du yang au yin) et de l’énergie yin à l’énergie yang pour l’équinoxe de printemps.
Les solstices marquent eux le moment paroxysmique de chaque énergie. Sol stat : paroxysme de yang, de lumière visible, de puissance visible pour l’été, la célébration de la manifestation, le Christ-Roi dans la symbolique chrétienne, paroxysme de yin et de puissance invisible souterraine, avec le solstice d’hiver.
Le solstice d’hiver est le moment où la lumière visible est la plus faible, où la nuit est la plus longue et le jour le plus court, avec la crainte que le soleil ne se lève plus, d’où le symbole de la fête du Sol Invictus, le soleil invaincu, qui a triomphé des ténèbres.
Au niveau du cycle de la nature, à vrai dire, le renouveau est à ce moment, et pas à Pâques, bien que Pâques soit la fête de la résurrection visible et du renouveau visible de la nature, mais le renouveau naît à Noël, et est justement représenté à la fois par la faible lumière des bougies des fêtes de Noël et par l’innocent enfant qui naît et qui est la promesse du futur.
Certains symbolistes attribuaient même le nom de NOËL à la signification « Nouvel Helios », nouveau soleil.
Donc dans la nature tout renaît d’abord dans l’invisible à Noël, durant tout l’hiver où la puissance est extraordinaire mais souterraine, tout germe à l’intérieur de la terre, comme à l’intérieur de soi, sort à la lumière au printemps, arrive à maturité pour être récolter en été et meurt à l’automne. L’automne est associé à la mort et aux fêtes de morts, mais Noël est une fête de renouveau, de nouvelle naissance, à partir de l’innocence (ou du potentiel originel), qui doit à nouveau apporter la lumière, la paix, la joie, la chaleur.
La nativité marque aussi dans la spiritualité christique le départ d’un processus de spiritualisation de la conscience, qui est le mystère de la passion et de la résurrection. Contrairement à l’étude qu’on en fait en général, les Evangiles retracent un parcours spirituel, le Maître traçant le chemin pour le disciple, de la même manière que la plupart des textes sacrés tracent un chemin spirituel, comme la Bhagavad-Gîtâ par exemple.

LES SYMBOLES DE NOËL
On pourrait les regrouper autour de trois vertus principales : l'amitié, la vie et la lumière. Ce "temps des fêtes" nous entraîne en fait vers plus de fraternité, plus de justice et plus de paix. Par l'amitié, il y a plus de vie; et l'avenir s'ouvre sur plus de confiance. Tout peut devenir plus lumineux: on voit, on entend, on comprend! Il est un appel puissant à sortir de nous-même et à inventer des gestes généreux qui crée le bonheur. Voici quelques traditions de Noël regroupées sous ces trois catégories.

SYMBOLES DE L'AMITIÉ


Les cadeaux
L'usage de faire des cadeaux à cette époque de l'année est emprunté à l'ancienne coutume romaine du Jour des étrennes (Strenae), pour fêter la nouvelle année et témoigner de l'amitié à ceux qu'on aime. Le cadeau est, en fait, un "trait d'union" entre le donateur et le receveur. Il indique une volonté de continuer à être en lien. Ces fêtes amplifient une faculté du coeur humain: donner et recevoir.

Les baisers
Les baisers représentent le rapprochement par excellence entre les êtres. En Amérique, de moins en moins mais encore, ils se donnent sur la bouche, même entre amis. Les baisers vont à la source de l'expression de la vie: le souffle, la parole, le lieu par lequel on se nourrit. Ils signifient une grande proximité. Sait-on que le mot "adoration" signifie "aller jusqu'à la bouche de Dieu", pour le toucher et en recevoir la vie.

Les cartes de Noël
La première carte de souhaits à être publiée le fut en Angleterre, au siècle dernier, par Sir Henry Cole, qui avait demandé à un artiste d'illustrer des souhaits, parce qu'il était trop occupé pour écrire à ses amis. Les cartes de Noël sont une façon de dire, par poste interposée: "Je ne peux être là avec toi en personne et te faire le cadeau de ma présence, accepte tout de même mes voeux de bonheur. Tu es dans mes pensées et dans mon coeur."

Les repas des Fêtes et les veillées
C'est l'occasion de nourrir l'amitié, autant que les corps. Combien de gens, qui ne se voyaient plus en raison de disputes, recommencent à se fréquenter, en se réconciliant comme par enchantement, grâce à la magie de Noël et à l'appel "subliminal" au pardon! Sous la poussée de l'amitié et du retour aux sources, les vieilles rancunes craquent! Elles font place à la bienveillance, grâce à un retour aux racines familiales, qui se nourrissent à la cuisine traditionnelle d'ici (cretons, petit lard, tourtières, dinde, pâtisseries). C'est aussi le temps d'exprimer la joie d'être ensemble, de porter un toast, et de boire à la santé de la Nouvelle année jusqu'à en avoir parfois le Nez rouge...


La Guignolée : aujourd'hui les collectes en faveur des plus défavorisés!
De nos jours les appels de certains médias à faire des dons en nature à l'occasion de Noël ont fait revivre la vieille tradition de la Guignolée. C'est un appel à partager avec les plus pauvres de la société et à exercer, souvent de façon anonyme, une faculté présente en tout être, parfois hélas endormie: la générosité. Le merveilleux, c'est qu'il se trouve encore des gens et des traditions pour la réveiller!

Santa Claus, le Père Noël
Ce personnage coloré, prodigue et aux trésors inépuisables, fait son apparition de plus en plus tôt, dès novembre. Il a son défilé, son traîneau, ses rennes, ses cadeaux, son code postal HOH HOH... et sa puissante utilité commerciale. Il est l'espoir des enfants, et parfois le désespoir des parents.

Historiquement, le personnage du Père Noël remonte au Bon saint Nicolas, évêque de Myre, en Turquie, au IV ième siècle, patron de la Grèce et de la Russie. "Nicolaus", en latin, devenu Niclaus, puis simplement Claus, était représenté coiffé de sa mitre, revêtu de son habit d'évêque et tenant sa crosse. Il ressuscita trois enfants assassinés par un aubergiste et mis au saloir. Il lança trois bourses remplies d'or à trois jeunes filles, pour qu'elles puissent avoir la dot nécessaire à leur mariage. Avec une telle renommée de générosité, il lui revenait de droit de devenir le Père Noël! Saint Nicolas possède un patronage imposant: il est le patron des écoliers, des pêcheurs, des débardeurs, des marins, des brasseurs, des voyageurs, des pèlerins et des aubergistes.


Saint Nicolas symbolise le mystère de la charité divine que le Christ est venu révéler aux hommes. Ajoutant à la personnalité de Santa Claus les traits d'un personnage de la mythologie germanique (le Dieu Thor), la légende a introduit de l'humour dans la vie de saint Nicolas. Elle a mis au point les traits de notre Père Noël actuel, jovial, au visage rose et à barbe blanche, qui nous porte à rire et à nous détendre. En plus de nous dérider, sa présence nous rappelle tout de même une vérité bien sérieuse que notre société a tendance à oublier: les enfants sont le plus grand trésor qui soit. Il faut les aimer, les respecter, les protéger et les défendre contre toute agression.


SYMBOLES DE LA VIE
Les gestes d'amitié créent des liens, en créant de l'espérance et de la vie. Voyons maintenant les symboles de la vie: le sapin et le houx, et tout ce qui est vert en permanence. Depuis toujours, le vert est la couleur de l'espérance.

Le sapin
Le sapin de Noël provient de la combinaison de deux symboles dont, au Moyen Age, les chrétiens ornaient leurs maisons, peu avant la Nativité. En premier lieu, il y avait L'ARBRE DU PARADIS, un sapin garni de pommes, en souvenir d'Adam et Ève au paradis terrestre. Il y avait aussi LA PYRAMIDE DE NOËL, sorte de poteau orné de verdure et de boules de verre colorées. Au sommet de ce mât était fixée une bougie, symbolisant l'astre d'Orient. Le sapin étant lui-même une belle pyramide vivante et naturelle, on se mit peu à peu à transférer toute décoration au sapin: boules et pommes. Mais c'est plus tard que la crèche prit place au pied de l'arbre.


Cet arbre rappelle que le Christ, nouvel Arbre de vie, est aussi le "Nouvel Adam" venu apporter la vie au monde. En plus d'être le symbole de l'espérance, la verdure est symbole d'éternité. C'est la vie qui dure par-delà les saisons.

Le houx
Outre le sapin, il y a le houx, mais c'est une tradition qui n'a pas son origine dans le christianisme, sinon par le biais de la ville de Rome. Du temps des Romains, on offrait des guirlandes de houx aux jeunes mariés pour les féliciter. On en faisait usage aussi durant les joyeuses Saturnales, fêtes du milieu de l'hiver. Ces mêmes Romains envoyaient à leurs amis du houx en signe d'estime et en guise de voeux; c'était leur carte de Noël à eux. Encore aujourd'hui, les baies rouge vif du houx évoquent la joie et les réjouissances. C'est, pour ainsi dire, "un mini sapin déjà décoré". Les feuilles brillantes, aux pointes acérées et toujours vertes comme le sapin, évoquent quelque chose de durable.


SYMBOLES DE LA LUMIÈRE

La couronne de l'Avent
Une couronne de verdure avec quatre bougies, dite "Couronne de l'Avent" était érigée dans la maison au début de l'Avent et, chaque jour, la famille se rassemblait devant elle pour se préparer intérieurement à Noël. Chaque dimanche, on allumait une bougie de plus. Plus on approchait de Noël, plus il y avait de lumière. Ce symbole porte en lui toute l'attente qui a précédé et préparé la venue du Sauveur, et en même temps toute la recherche de l'humanité vers "le chemin du soleil".

Les bougies
Dès les premiers siècles, la veille de Noël, on dressait dans les maisons une grande bougie allumée, symbolisant le Christ. Cette coutume, empruntée à la veillée pascale, s'est conservée intégralement en Irlande. Cher les Slaves, la bougie est plantée sur une miche de pain Il est à remarquer que la bougie a brillé d'abord à l'intérieur des maisons, annonçant la foi de ses habitants. L'origine liturgique des bougies est ici aisément repérable.


Les illuminations publiques
Au XVI ième siècle, en Allemagne de l'Est, on se mit à allumer des feux et des lumières durant le mois de décembre, comme symboles religieux de l'Avent. En Irlande, on plaça des lumières aux fenêtres des maisons durant la semaine de Noël. Peu à peu, l'Amérique emboîta le pas à cette coutume. C'est à Boston que naquit, en 1912, la coutume de dresser de grands arbres de Noël illuminés dans les endroits publics.

Toutes ces lumières électriques à l'extérieur, dans nos cités modernes, descendent en ligne directe de l'antique façon de célébrer l'Avent. Avec la gamme de leurs couleurs, elles se veulent d'abord une joie pour les yeux en annonçant le temps des Fêtes. Cependant, comme la référence aux 2000 ans de l'ère chrétienne, les lumières de Noël sont une proclamation publique de l'importance du Christ dans l'histoire.


Les bûches
Vers le haut Moyen Age, en Europe, une grosse bûche était choisie avec soin et portée à la maison en grande cérémonie parmi les préparatifs de Noël. Elle devait être brûlée dans l'âtre pendant la sainte saison. Comme pour la bougie, elle invite au rassemblement autour de l'âtre, pour une expérience intérieure et pour l'intimité. Il importe que la lumière habite d'abord le coeur humain. À la dimension de la lumière qui s'intensifie s'ajoutent ici la dimension de la chaleur.


Les morceaux non brûlés de la bûche étaient mis de côté et conservés, parce que la nouvelle bûche de l'année suivante devait être allumée avec du bois de l'ancienne, en une merveilleuse continuité. Quant aux cendres, on les recueillait soigneusement et, à la Chandeleur, les fermiers devaient les répandre sur les champs pour en assurer la fécondité.

Quand on déguste une bûche de Noël en chocolat, on devrait savoir qu'elle représente toute la joie et l'intimité qu'apporte la période des Fêtes, soit du début de décembre (l'Avent) au début de février (la chandeleur ou présentation de Jésus au Temple).

ACTU : juillet 2010 Les prochains rendez-vous...
  • Prague, ville magique
    Du sam 23/10
    au mer 27/10

    Escapade culturelle