>> Articles

   Juin 10

L’homme contaminé par la machine ? L’homme-mécanique agit sans vraie relation avec son environnement, obsédé par l’efficacité...

 

extrait de « Philosophie à vivre » de Délia Steinberg Guzman

Ce terme s'emploie pour désigner l'attirance envers une profession ou un travail déterminé que certains hommes heureux peuvent choisir dan leur vie.  Et si on monte à des plans plus élevés, on parle généralement au mieux de vocation religieuse.

Nous croyons néanmoins, que la vocation est quelque chose de plus vaste qui affecte des aspects bien plus nombreux de l'existence.  Et, surtout, c'est quelque chose qui est propre à l'être humain.

La vocation est propre à l'être humain

L'observation de la Nature et de ses lois nous apporte beaucoup d'enseignements sans paroles, simples mais profonds, en de qui concerne la vocation.

C'est ainsi qu'on voit que les minéraux suivent leur chemin qui les conduit à se transmuter de l'obscur charbon au diamant resplendissant, du plomb opaque à l'or brillant.  Ils gardent leur cap, s'ajustent à leur loi de vie, mais il n'existe pas de vocation, de choix qui leur permette de le faire d'une manière ou d'une autre.

Il se passe la même chose avec les végétaux.  Le trajet qui va de la graine à l'arbre est immuable et la seule chose qui puisse le modifier est son interruption, c'est-à-dire que la graine ne parvient pas à fructifier.  Mais la graine ne choisit pas.

Chez les animaux, particulièrement les animaux domestiques, une petite lumière se fraye un passage qui les amène à choisir des maîtres ou d'autres, en fonction de valeurs que nous, êtres humains, ne parvenons pas toujours à comprendre.  Il apparaît aussi chez eux la lumière de la fidélité, qui est une autre forme de choix.  Le reste du monde animal est régi par ses propres lois et vit fidèlement sa condition naturelle.

La vocation est un appel de l'âme

La condition humaine possède, évidemment, ses lois évolutives mais, outre la mécanique et la vitalité du corps, outre les émotions, il existe un mental intelligent qui perçoit ce qui survient autour de lui et à l'intérieur de lui-même.  Lorsque l'être humain s'interroge sur le sens de la vie, alors surgit l'option de la vocation.

La vocation est un appel de l'âme; la psyché et le mental parlent dans leur propre langage, exprimant leurs désirs et leurs aspirations, ils choisissent ce qui les conduira à une pleine réalisation.  Voilà la vocation.

Elle peut s'exprimer à travers un travail spécifique, une profession mais, fondamentalement, c'est une forme de vie, choisie librement par l'âme qui possède un idéal, un but à atteindre. 

La vocation est l'impulsion, l'énergie qui conduit au but, peu importe le type et le nombre de difficultés auxquelles elle va se heurter.

Mais la vocation est plus encore que cet appel de l'âme et cette impulsion de réalisation.  Il lui faut des supports puissants, sans lesquels elle peut rester ce qu'on appelle communément une vocation ratée.

Trouver sa vocation et y répondre

La vocation demande du discernement ; en d'autres mots, la capacité de choisir et de s'assurer de l'authenticité de ce qui est choisi.  Il ne s'agit pas de goûts changeants qui un jour penchent pour une chose et le jour suivant pour une autre. Ce ne sont pas non plus les reflets de la société ni des héritages de famille, parce qu'il est bien certain que beaucoup de prétendues vocations ne sont que des réponses à la mode, à l'image, à ce qui jouit de prestige à un moment donné.  La voix de la vocation est unique et toujours la même ; la vie peut lui donner forme, l'adapter aux circonstances pour la rendre réalisable, mais elle ne change jamais.

La vocation demande de la volonté.  Choisir une forme de vie est relativement simple ; mener à bien cette forme de vie est beaucoup plus compliqué.  Des empêchements surgiront des facteurs dilatoires, il y aura de l'incompréhension et même des jalousies; mais la force de volonté se taillera un passage au  milieu de tous les obstacles pour atteindre son but.

La vocation demande de l'enthousiasme, un feu intérieur, du courage spirituel pour continuer.  Elle ne connaît ni la fatigue ni l'ennui ;  elle peut par moments subir un léger abattement lorsque les épreuves sont grandes et nombreuses, mais elle renaît comme l'oiseau Phénix et reprend sa marche avec une énergie renouvelée.

La vocation demande de la continuité.  Elle est comme un fil d'or qui court tout au long de la vie, sans jamais perdre le cap.  Elle ne s'arrête pas, ne cède pas face à des cycles obscurs ni face aux circonstances adverses.  Elle trace un chemin éclatant dans lequel on peut reconnaître, sur n'importe quel tronçon, la qualité de l'idéal, la qualité de vocation.

Etre philosophe est une vocation.

Connaître l'univers et ses lois, se connaître soi-même est une vocation.

Être généreux avec l'humanité est une vocation. 

Chercher la perfection dans tous les aspects de la vie est une vocation.

Rêver d'un monde nouveau et meilleur est une vocation :  celle du philosophe.

Si tu as senti l'appel de ton âme, ne ferme pas l'oreille à cette voix.  Aie recours à la volonté, au discernement, à la continuité et à l'enthousiasme et tu réaliseras la forme de vie que tu as choisie.

-> Retour sur Article...

ACTU : juillet 2010 Les prochains rendez-vous...
  • Prague, ville magique
    Du sam 23/10
    au mer 27/10

    Escapade culturelle