Article paru dans la revue 96 de Nouvelle Acropole
Carl Gustav JUNG est né en 1875 à Kesswil sur la rive suisse du lac de Constance. Son père, pasteur, s’installa peu après à proximité de Bâle, ville où le jeune Carl Gustav fit ses études et acquit le titre de médecin.
Dès ses premières années, Jung se posa la question qui domina sa vie : « Qu’est-ce que le monde et qui suis-je ? » Malgré la curiosité intense qui l’attirait vers la réalité extérieure, il devina d’emblée que la réponse résidait à l’intérieur de lui.
La notion chrétienne d’un Dieu miséricordieux ne résista pas à ses premières expériences métaphysiques, qui lui révélèrent au fond de lui-même un mysterium tremendum, une source d’effroi sacré. Il comprit que l’homme doit d’abord se forger une personnalité solide. Pendant de nombreuses années, il se consacra à l’étude des sciences de son temps.
La psychiatrie lui parut un moyen intéressant pour aborder la totalité de l’homme. Une fois ses études terminées, il entra au Burfhölzli, hôpital psychiatrique du canton de Zürich où il fut l’élève d’Eugen Bleuler. Après avoir soutenu sa thèse sur « la psychopathologie des phénomènes dits occultes » (1902), il y prépara ses premières publications : études sur les associations (1903) et la démence précoce (1907). Jung s’efforça de dépasser une attitude purement descriptive de la maladie mentale et de la comprendre de l’intérieur.
Les travaux de Freud ayant attiré son attention, il lia avec l’auteur de l’interprétation des rêves une amitié féconde qui dura sept ans. Mais Jung s’éloigna peu à peu de Freud, car il ne pouvait accepter une conception de l’ énergie psychique (libido) limitée à l’impulsion sexuelle.
La rupture entre les deux hommes devint inévitable après la parution de Métamorphoses et symboles de la libido (1912) où Jung examinait les matériaux fournis par une jeune Américaine et les rattachait aux grands mythes de l’humanité. Désormais seul et à la recherche d’une orientation, il sentit qu’il devait affronter en lui-même le monde obscur et décida – en 1913 – d’accepter la « confrontation avec l’inconscient ». Ce fut un tournant de son destin.
C’est en fait la metanoia, la conversio, point de départ de toutes les aventures de l’âme, l’abandon des normes de la vie courante pour se tourner vers l’intérieur, afin d’y enfanter un nouvel ordre. Cette périlleuse descente aux enfers se termina, en 1918, par l’atteinte d’un nouvel équilibre fait de communication entre la conscience et l’inconscient.
Jung entra alors dans sa période de création définitive. Cette épreuve fut, selon ses propos, « la matière première de l’œuvre d’une vie.
Bibliographie
· Psychologie de l’inconscient, ed Buchet/Chastel, 2° édition 1963